Publié le 25 octobre 2011
Hier, la Commission
Interaméricaine des Droits de l’Homme a organisé, dans le cadre de sa 143ème
session, une réunion de travail intitulée «La violence sexuelle dans les
établissements scolaires dans les Amériques", durant laquelle on a
également parlé du cas Patricia Flores de Bolivie.
Malheureusement, les
intervenant-es n’ont pas pris la peine de présenter simplement les faits mais ont
dû les adapter à leur désir d'être reconnus comme de grands défenseurs des
droits de l'homme, en lançant des accusations contre les autorités scolaires et
de l'Etat ainsi que contre la Cour Suprême, l'accusant de "trafic
d'influence".
Comment ça? D’abord en
accusant les enseignants de ne pas avoir protégée la fillette après que sa mère
la leur eût confiée, alors qu'en réalité, la mère l'avait laissé dans l'entrée de
l’école et que la fillette en était sortie à la recherche d’un chewing-gum.
Selon le témoignage du propre
père, dans sa déclaration faite quelques heures avant de trouver la fillette
assassinée, elle serait sortie à la rue à la recherche d'un chewing-gum
"Basuka". Ça se lit ainsi au feuillet 49 du dossier: "(...) et
dans un des stands, on nous a dit qu'elle était venue demander s'ils avaient du
chewing-gum Basuka, on a répondu que non à ma fille et elle est partie et
après pas mal de temps est retournée au stand et a acheté du popcorn en se
promenant dans le site jusqu'à plus ou moins 9h30. "
Donc, la mère n'a pas pu l’avoir
"laissé aux soins du personnel" de l'école comme l’a dit l’avocate Katherine
Romero dans son exposé plein d’affirmations sans fondements.
Les conclusions du chef de
la division mineurs et famille, toujours avant de trouver la fillette, sont sans
appel : «La mère de la victime aurait amené sa fille à l'école comme d'habitude
à 8h15 heures, puis a quitté l'établissement, la victime a quitté l'école pour
aller acheter du chewing-gum et à ce jour, Patricia Flores est portée disparue.
" (feuillet 52)
Dans la bouche de l’avocate
Romero, ces faits deviennent ce qui suit : «les enseignants ont dit que la
fillette n'avait jamais été amenée à l’école afin de couvrir les responsables"
alors que le père dit simplement dans sa plainte: "(...) Ma femme a demandé à
la professeure de son cours et elle a dit que ma fille n'a pas assisté aux
classes (...)".
Selon l'avocate, "les
autorités ont ignoré sa disparition pendant les premiers jours" alors que
la plainte officielle de sa disparition faite par ses parents a été reçue par
le procureur le lundi 30 août à 10h30 (soit 3 jours après sa disparition) et
que la police a commencé à la chercher le même jour.
Ensuite, en parlant de la
procédure pénale, elle déclare: «le regente de l'école a été condamné après six
ans" alors qu'en fait, la première condamnation a été prononcée en mai
2003, soit un peu plus de 3 ans et demi après les faits. En outre, dans le
document publié en ligne, il est désigné par son nom complet, en violation ouverte
de ses droits fondamentaux, car la sentence a été annulée et personne n'a le
droit de faire un lien entre lui et l’affaire.
Selon la "Senior
Attorney", "la Cour Suprême a annulé le verdict à cause des failles
dans le traitement des preuves, et a laissé en liberté le responsable" -
des déclarations qui ont tout l’air d’une calomnie ignoble car la Cour Suprême
a décidé d'annuler la sentence à cause de l’
évaluation inadéquate des preuves, c'est à dire pour avoir laissé de
côté un test d'ADN qui dit clairement qu'il n'y a aucune preuve pour établir un
lien entre le regente et l'assassin.
La sentence peut être lue
sur Internet - une vraie professionnelle devrait connaître la différence entre évaluation
inadéquate des preuves et failles dans le maniement des preuves, n'est-ce pas?
Selon elle, on n'a pas
appliqué les normes internationales dans la recherche de la vérité – à voir ce
que les scientifiques du FBI pensent de cette déclaration hardie. S’il existe
une institution qui connaît et respecte la chaîne de possession (chain of
custody), c’est certainement le FBI et s’ils ont trouvé l'ADN de la fillette
dans les échantillons qu'ils avaient reçus de la police bolivienne, en plus de
celui de deux hommes qui ont pu être identifiés par la suite, mais aucun du regente,
il est très téméraire de la part d'une avocate, qui n'est pas une scientifique,
d’estimer qu’ils n’ont pas de valeur.
Encore plus audacieuse est
sa conclusion: dans tous les cas le témoignage de l’auteur l'emporte sur la vie
et les droits de la victime, en pointant à nouveau sur le regente, sans le
moindre souci pour la présomption d'innocence - attitude rare d'une personne
qui mieux que quiconque devrait connaître les principes du procès équitable.
Ma conclusion: cette avocate
est tellement agitée pour se faire connaître comme grande défenseuse des victimes, qu’elle
ne se soucie pas de la vérité - peu importe si un innocent est condamné si la Senior
Attorney peut apparaître en public et montrer son grand engagement pour les
pauvres victimes.
Dommage pour une question
très importante, la violence dans les écoles, que ce soient des agressions
sexuelles ou autres. Il y a beaucoup d'exemples qui pourraient être utilisées en
enquêtant correctement sur les faits. Mais, la Senior Attorney, sûr qu’elle est
trop importante pour faire un travail patient de collecte d’éléments qui
peuvent aider à trouver la vérité sur un crime horrible et désigner le vrai
coupable afin que justice se fasse pour de vrai.
Et, pour lire le document mentionné, il faut aller à cette adresse Internet:
RépondreSupprimerhttp://www.womenslinkworldwide.org/wlw/new.php?modo=detalle_proyectos&dc=53