Publié le 27
octobre 2011
A L’OPINION PUBLIQUE
Depuis plusieurs jours, on
parle à nouveau du cas de la fillette Patricia Flores : ça va faire 11 ans
qu’elle a été retrouvé assassinée et violée. Sa mère est apparue en public
pour exiger que justice soit faite enfin, clameur qui est aussi la mienne depuis
11 ans.
Toutefois, elle accompagne
sa demande avec les accusations de toujours contre moi, en commettant ainsi une
grande injustice qui ne se justifie aucunement. C’est pourquoi moi-même et ma
famille tenons à préciser ce qui suit:
La douleur d'une mère ne
justifie pas de faire souffrir un innocent et toute sa famille, quelque chose que
nous vivons depuis tant d'années. Si de nombreuses personnes en Bolivie savent
que Odón est innocent et le soutiennent, il y a aussi des gens qui ont été
induits en erreur par une certaine presse sans sens éthique, qui, à l’époque,
l'a désigné comme monstre, déviant sexuel etc. et qui se croit en droit de
faire justice par elle-même. Odón a subi et continue de souffrir des actes hostiles
comme l’appeler publiquement assassin, l’expulser de son appartement, lui nier
le droit de travailler et nous toutes et tous partageons sa souffrance, ce qui détériore
notre santé physique et émotionnelle.
Odón n’a pas arrêté, les 11
dernières années, de se battre pour démontrer son innocence, au public mais
surtout au pouvoir judiciaire, celui même qui s’est permis durant de longues
années d’ignorer un rapport scientifique qui montre clairement que l'auteur
n'était pas lui. Il a dû aller jusque devant la Cour
Suprême pour qu’on reconnaisse enfin la majeure preuve de ce
procès, la seule avec un résultat sans appel et reconnu par la communauté
scientifique, le test d'ADN. Les autres preuves, qui sont en réalité de
prétendues preuves, construites pour trouver un coupable permettant de calmer la
pression de l'opinion publique de l’époque, ne valent rien, le document joint à
cette lettre le démontré de manière irréfutable.
Ces dernières années, Odón
n’a plus voulu apparaître en public, à notre demande qui avons tant souffert de
cette notoriété horrible, et luttant non seulement pour lui mais pour beaucoup
de gens d'origine humble qu’une injuste justice n'a jamais pris en compte comme
des êtres humains mais comme chair á potence, s’est concentré sur la lutte
juridique.
Aujourd'hui, le cas est de
retour sur la scène publique et on veut le ramener à la rue où il existe toujours
le danger d’une violation des droits humains. C’est pourquoi, pour le protéger lui,
mais aussi nous toutes et tous, Odón n’apparaîtra pas en public - cette lettre
est notre cri pour que termine, enfin, notre souffrance injuste.
Et finalement, nous
demandons aux médias d'être très prudents avec les informations qu'ils donnent de
lui, car il y a déjà eu deux fois une tentative de lynchage sur lui.
¡Ama llulla!!
(tu ne mentiras point en langue aymara)
La Paz, 25 août 2010
Odón F. Mendoza Soto avec femme, enfants,
petits-enfants, frère et soeur et nièces et neveux
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