dimanche 12 août 2012

Lettre à la Commission américaine des Droits de l'Homme


Publié le 31 octobre 2011

Voici des extraits de ce que j'ai écrit:
Lundi dernier, j'ai pris connaissance de ce qui a été dit lors de la séance appelée «Violence sexuelle dans les établissements scolaires dans les Amériques", organisée par la Commission interaméricaine des droits de l'homme et j’ai été choquée par la présentation faite par l’avocate Katherine Romero, appelant mon mari "agresseur" et l'accusant de "trafic d'influence" pour avoir réussi, après des années de lutte, après avoir été incarcéré, innocent, pendant 20 mois, que la plus haute autorité juridique de son pays prenne enfin en compte une preuve scientifique, faite par le FBI étatsunien, disant avec toute la clarté nécessaire, qu'il est innocent.

Et ça été pire encore, quand j’ai lu sur Internet, le document que les  organisations invitées avaient élaboré pour leur intervention durant la séance car là, mon mari est désigné non seulement comme le « regente »
comme l’avait fait l’avocate Romero durant son intervention, mais par son nom complet "Odón Mendoza Fernando Soto" (page 12 du document intitulé «Violence sexuelle dans les établissements scolaires: Mexique, Colombie, Équateur et Bolivie»).

Je me demande si vous pouvez imaginer ce que sent un homme qui, d'un jour à l'autre, est arraché  à son humble vie quotidienne (en 1999, il gagnait environ 330 bolivianos par mois comme « regente »), présenté devant tout le pays comme «monstre» (vous avez des exemplaires des journaux de l'époque) et qui, depuis lors, continue à vivre avec ce stigmate. Moi-même, qui l’accompagne depuis près de neuf ans, j'ai quelques souvenirs pas très agréables, comme ce jour-là, où la propriétaire de l'appartement que j'ai loué m'a dit, "ou tu quittes Odón ou tu sors de ma maison immédiatement», ou jour de l'an dernier, quand une voisine m'a frappé et toute sa famille a crié «criminelle» ...

En dépit de ces situations, j'ai toujours essayé de me communiquer avec les personnes qui s'impliquent dans le cas depuis un an pour tenter d'expliquer les détails (et surtout les failles de l’investigation, responsables pour la situation malheureuse que nous vivons, aussi bien la mère de la fillette que et mon mari avec toute sa famille), mais on m’écoute à peine.

Justement l’avocate Katherine Romero - en novembre dernier, quand je me suis rendu compte de la plainte que son organisation, Women’s Link Worldwide, avait déposé dans le cas Patricia Flores, je lui ai envoyé un message, expliquant que mon mari et moi-même avons déposé  plainte dans la même affaire et je lui ai même envoyé une copie des faits tels comme je l’avais décrit dans la plainte. Rien, pas un mot ... jusqu'à l’intervention de lundi dernier.

Qu’est-ce que je peux faire pour que mon mari ne désespère pas, sans emploi, sans revenu (comme l'affaire est pendante, il reste suspendu de son emploi au ministère de l'Education et de ses contributions pour une petite rente)? Devons-nous souffrir éternellement parce qu’à l’époque des faits, mon mari s’est retrouvé tout à coup face à une accusation monstrueuse à laquelle il n’était pas préparé et qu’il a été enfermé dans un labyrinthe kafkaïen pour calmer la pression populaire qui ne veut que rarement la vérité, sinon un bouc émissaire?

Tant de fois nous avons frappé aux portes, peu se sont ouvertes et maintenant, que les autorités judiciaires de notre pays ont finalement commencé à réaliser l'erreur qui a été commis dans son cas – serait-ce que nous devons faire face à une condamnation internationale sans que personne n'ait besoin de prouver les accusations qu’ils lancent contre lui et que, au sein d’une institution respectable et respecté de défense des droits de l'homme on peut violer les règles de base des droits fondamentaux tels que la présomption d'innocence?

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