Dans la nuit du 31 août au 1er
septembre 1999, à 23h30, on découvre le cadavre d’une fillette âgée de 10 ans,
du nom de Patricia Flores, dans un dépôt à l’intérieur son école.
Elle avait disparu le vendredi
précédent, 27 août, dans la matinée, après que sa mère l’eût laissée dans
l’entrée “un peu avant“ l’heure habituelle, comme le dit Mme Martha Velásquez
aujourd’hui. Au moment de trouver le cadavre, la police (PTJ) était en train de
la chercher puisque les parents avaient dénoncé sa disparition le lundi 30, en
indiquant que “la fillette aurait été vue en cheminant aux alentours des rues
Pichincha et Indaburo“ c’est-à-dire plus de deux rues plus bas que son école.
Dans un premier moment, la police a
indiqué que Patricia serait morte deux ou trois jours avant de la trouver, ce
qui signifie que le décès aurait eu lieu entre samedi et dimanche (28/29 août).
L’autopsie, qui eut lieu le mercredi 1er septembre et à laquelle ont assisté
les enquêteurs de la PTJ, le procureur chargé de l’enquête et le père de la
mineure, accompagné par son avocate, a finalement défini que le décès avait eu
lieu le dimanche 29 août.
Le même jour, la PTJ a commencé son
enquête et, étant donné que le gouvernement avait exigé, devant la commotion
sociale que le crime avait suscitée, que le coupable soit trouvé dans 24
heures, elle s’est concentrée sur les trois hommes qui travaillaient le matin
dans l’école – deux professeurs et un professeur auxiliaire/surveillant (un
travail qui s’appelle “regente“en Bolivie)
du nom d’Odón Mendoza.
Odón Mendoza vivait dans un foyer pour
personnes avec des problèmes d’alcool sous des conditions très strictes – ne prendre ni une goutte d’alcool et
sorties contrôlées : dans l’entrée un policier était posté en permanence et ne
laissait sortir les habitants du foyer que si lui montraient un permis émis par
la direction. La seule exception était pour Mendoza, un permis permanent
pour les matins de lundi à vendredi, pour aller travailler. La direction et les
autres habitants du foyer ont témoigné que lui était au foyer le samedi à
l’heure du dîner et qu’il ne sortait plus, que le dimanche il était resté toute
la journée au foyer, en prenant là le petit déjeuner, le repas de midi et le
dîner et qu’il ne sortait que le lundi à l’heure habituelle pour aller
travailler.
Donc, 24 heures après avoir trouvé le
cadavre, la PTJ savait deux choses: que le crime n’a pas pu avoir lieu le
vendredi 27 et qu’il allait être très difficile de trouver le coupable. C’est
pour ça qu’ils ont choisi Odón Mendoza – il venait d’une autre région (Potosí)
et vivait séparé de sa famille. Les policiers commençaient à falsifier les
dates de leurs documents pour faire coïncider la date du décès avec le scenario
qu’ils avaient construit : qu’Odón Mendoza aurait intercepté la fillette à
l’entrée de l’école, l’aurait séquestrée dans le dépôt et l’aurait assassiné ce
même matin, quand tous les élèves étaient dans leurs classes.
Seulement voilà, en plus de la date du
décès qui exclut complètement cette version, ce matin-là, Odón Mendoza n’est
pas entré seul à l’école sinon accompagné par le professeur de musique qui,
après avoir préparé ses cours à l’intérieur de l’école, était sorti pour manger
un hamburger à un charriot placé à côté de l’entrée, environ 20 minutes avant
le début des classes. Voyant Odón Mendoza arriver à pied, il l’avait invité à
partager son casse-croûte après quoi les deux sont allés ensemble jusqu’au
secrétariat. Et, durant la matinée, Odón Mendoza ne veillait pas sur la
tranquillité de l’école dans les couloirs, comme c’était sa tâche, sinon se
trouvait dans une salle de classe car il devait remplacer une professeure qui
était en congé ce jour-là car elle fêtait son anniversaire.
La PTJ, évidemment, n’a jamais
interrogé de possibles témoins…il fallait insister beaucoup pour que, plus
d’une semaine plus tard, le témoignage
du professeur de musique soit admis au dossier judiciaire. Il a confirmé
point par point ce qu’avait dit Odón qui se trouvait alors détenu par la
police, en violation ouverte de la loi qui limitait ce type de détention sans
aucune protection légale à 48 heures – Odón fût laissé seul avec les policiers
durant plus de 8 jours, c’est-à-dire presque 200 heures, durant lesquelles, les
“enquêteurs“ ont fait tout pour qu’il confesse.
Il a été roué de coups et quand il a
continué à insister sur son innocence, et faute totale de preuves contre lui,
les policiers ont eu une idée géniale – ils se sont emparés d’une paire de
chaussures et sont allés aux toilettes des garçons, adjacent au dépôt où la
fillette avait été trouvée, pour planter une empreinte. Il y eut quelques
problèmes puisqu’il fallait appuyer la chaussure contre un mur qui est à
environ trois mètres de la paroi commune entre le dépôt et les toilettes et que
l’empreinte ne se voyait pas claire du tout après la première tentative – il
existe donc quelques empreintes superposées sur un mur dans une pièce éloignée
de plusieurs mètres de l’endroit où la victime a été trouvée (et qui, selon
l’avis de plusieurs experts ne peut pas être la scène primaire du crime).
Néanmoins, celle-ci fut une des grandes preuves avec lesquelles Odón Mendoza a
été condamné en 2014.
Le 10 septembre 1999, Odón fût
transféré à la prison de haute sécurité de Chonchocoro par une juge
d’instruction qui a déterminé détention préventive sans pouvoir nommer un seul
élément de conviction. Toutefois, les grands chefs de la PTJ avait anticipé
quelque doute que ce soit par rapport à cette procédure avec une conférence de
presse, peu d’heures avant, dans laquelle ils ont présenté les vêtements de la
fillette sur lesquels on voyait beaucoup de tâches, et, surtout, un graphique
impressionnant avec la photo d’Odón au centre. Le chef de la PTJ pointât
plusieurs fois sur cette photographie et les journalistes n’avaient plus de
doutes – la police avait trouvé le monstre. Il y eut beaucoup d’articles à
l’unisson, un dépravé sexuel, une bête humaine – et, évidemment, sa
photographie a été publié en grand – sur une demi-page.
Cependant, quelques personnes (et avant
tout l’avocat d’office qu’ils ont finalement attribué à Odón – et changé
rapidement quand il faisait des questions incommodes…) étaient quand-même
préoccupées par le fait qu’il n’y avait pas de preuves.
C’est pourquoi elles
proposaient de faire une preuve d’ADN sur les nombreuses pièces trouvées dans
le dépôt. Un test d’ADN a été arrangée, d’abord à la faculté de médecine de
Santiago du Chili (où ils ont pu déterminer les génotypes mais n’ont pas trouvé
l’ADN d’Odón dans les vêtements de la fillette) et puis avec le FBI (Federal
Bureau of Investigation). Le ministre de l’Education avait dû intervenir parce
que les policiers n’avaient rien envoyé malgré le fait d’en avoir reçu l’ordre
– le directeur national, le directeur départemental et le responsable de
l’enquête ainsi que le procureur à charge furent renvoyés – et entre fin
septembre et mi-octobre, le FBI reçut enfin quelques preuves.
En janvier 2000, son premier rapport
partiel est arrivé, avec une grande surprise – le FBI avait trouvé dans les
vêtements de la victime l’ADN de la sœur de Patricia Flores, celui d’un suspect
du nom de Reynaldo Flores Barrera et comme principal contributeur l’ADN d’un
homme inconnu. En revanche, le FBI n’a
trouvé aucune coïncidence avec le profil d’Odón Mendoza dans les preuves
trouvées au dépôt – le seul endroit où le FBI a mis en évidence son ADN était
un dossier en carton de lui que la PTJ avait saisi parce qu’il avait quelques
tâches rougeâtres. A l’époque, Mendoza avait déclaré qu’il avait saigné du nez
quelques semaines auparavant mais, bien sûr, ils ne le croyaient pas.
Mais malgré la détermination très
claire du FBI, il a été condamné comme étant l’assassin de la fillette Patricia
à cause de ces tâches, jusqu’au 16 novembre 2009, quand la Cour Suprême (qui
s’appelle aujourd’hui Tribunal Suprême) a annulé sa condamnation en raison
d’une évaluation inappropriée des preuves.
Cependant, le plus important du rapport
préliminaire du FBI a été l’information que l’auteur présumé, qui restait
inconnu, avait également été identifié dans un autre cas – le cas d’une
fillette qui a été agressée sexuellement un mois après le crime contre Patricia
Flores et qui a survécu. Elle avait pu dire à la PTJ que le jeune homme que les
policiers suspectaient d’être l’auteur, n’était pas la personne qui l’avait
attaquée. C’est pourquoi ils avaient décidé d’envoyer les preuves du cas
également au FBI pour qu’il les analyse. Et, l’auteur présumé était le même
dans les deux cas. Fin janvier 2000, la PTJ et le juge d’instruction savaient
donc avec certitude que Odón Mendoza ne pouvait pas être accusé pour le crime
contre la fillette Patricia, mais, au lieu de le libérer, une nouvelle campagne
de pression fut orchestré à travers le médias et le juge d’instruction fut
remplacé par une dame du nom de Betty Yañíquez, qui fera tout, jusqu’à
aujourd’hui, afin qu’Odón termine sa vie en prison.
Après ces premiers résultats, le FBI a
décidé de faire lui-même une enquête et a commencé à s’intéresser à un violeur
sérial de fillettes, qui avait été arrêté en flagrant délit en novembre 1999,
José Luis Flores. En avril 2000, le FBI a demandé à la PTJ de lui envoyer de
preuves biologiques de celui-ci et la juge Yañíquez, qui savait ça, a commencé
à travailler dans l’acte d’accusation qui s’appelle “Auto Final de Instrucción“
en Bolivie (ordonnance finale de l’enquête). Le 4 mai, elle a accusé Odón
Mendoza d’être l’auteur du crime, en falsifiant des déclarations de témoins.
Fin août de la même année, le FBI avait
terminé son travail et envoyé un rapport final de deux pages et demi où il
explique, pas à pas, comment il a fait son enquête sur pratiquement une année
et comment il est arrivé à la conclusion scientifique que l’auteur présumé du
crime contre Patricia Flores est José Luis Flores. Il avait trouvé son ADN dans
la jupe de la fillette et, surtout, dans les deux poils pubiens que la PTJ
avait recueillis au dépôt – concernant Odón Mendoza, il disait qu’il excluait
quelque lien qui soit entre Mendoza et le crime.
Les experts du FBI se sont déclarés
prêts à venir en Bolivie pour témoigner sur leur enquête ce que la PTJ a appuyé en demandant au juge nommé
pour ouvrir le procès, de donner les autorisations judiciaires nécessaires mais
celui-ci ne fait rien. Le procès en est resté là, Odón Mendoza a réclamé en
vain l’arrivée des experts mais, finalement, le Tribunal Constitutionnel a
décidé de le libérer avec des mesures de substitution en mai 2001, pour lenteur
de la justice.
C’est finalement en 2003 que le procès
a commencé, sans que José Luis Flores y soit inclue et Odón Mendoza a été
condamné à 30 ans de prison parce qu’il serait prouvé que c’est “un alcoolique
et un drogué“ et que c’est pour ça qu’il aurait tué la fillette Patricia
Flores, le vendredi 27 août. Odón Mendoza a fait appel et en 2004, la Cour
Supérieure du District a annulé la sentence parce qu’elle “n’aurait pas indiqué
où il doit purger sa peine“.
Le procès en est resté là jusqu’en
février 2006, quand un autre juge a condamné une fois de plus Odón Mendoza a 30
ans de prison sans possibilité de remise de peine. Les coaccusés ont été
acquittés, le juge a pris une fois de plus comme jour du crime
l’invraisemblable 27 août et a déclaré qu’il ne pouvait pas prendre en
considération la preuve d’ADN du FBI, non parce qu’il douterait des résultats
mais parce qu’il aurait des doutes sur la manière comment les preuves avaient
été recueillies. Dans le dossier judiciaire, on peut suivre parfaitement
comment ces preuves ont été obtenues, il y a des liste détaillées sur tout ce
qui a été analysé et il n’y aucune doute comment la PTJ a fait parvenir les
échantillons au FBI. La ainsi nommée chaîne de possession n’a pas été rompue.
Début 2007, la Cour Supérieure du
District de La Paz a confirmé cette condamnation et Odón Mendoza (toujours en
liberté étant donné qu’un recours suspend la condamnation) a présenté un
recours en cassation (ou recours en réforme comme on l’appelle en Suisse). Dans
ce document, il a détaillé les manipulations avec lesquels il avait été
condamné. Après plus de deux ans et demi, la Cour Suprême lui a donné raison et
a annulé sa condamnation pour évaluation inappropriée des preuves à charge et à
décharge.
De plus, il a annulé toute la procédure
judiciaire (à l’exception de la sentence du Tribunal Constitutionnel qui avait
donné liberté conditionnelle à Odón) jusque avant l’acte d’accusation de la juge
d’instruction Betty Yañíquez – ce qui a ouvert la possibilité d’enquêter pour
la première fois sur José Luis Flores. La Cour Suprême avait très bien analysé
le travail du FBI (en cherchant sa documentation dispersée dans tout le dossier
judiciaire) et est arrivé à la conclusion que José Luis Flores serait un parent
du père de la victime. Ce ne serait pas surprenant étant donné que l’immense
majorité de ces crimes se commettent au sein de la famille, mais cela a eu pour
conséquence que la mère de la fillette se présente en larmes à la télé et que
son avocate, du nom de Paola Barriga, accuse Odón Mendoza (sans présenter la
moindre preuve) d’être un corrompu qui aurait acheté une sentence à sa
faveur.
Malheureusement dans un pays où la
corruption judiciaire est endémique et où des larmes d’une mère ont valeur de
preuve, ceci a détruit complètement tout ce qu’Odón Mendoza a toujours affirmé.
Plusieurs journalistes, amies de Paola Barriga, ont commencé une campagne de
presse pour faire croire au pays que la fillette serait morte le vendredi 27 à
l’intérieur de son école. La presse n’a pas
accès aux dossiers judiciaires – c’est pourquoi elle ne vérifie jamais les
affirmations d’une partie dans un procès, mais quelle importance ?
Madame Betty
Yañíquez (fin 2009 une simple juge) a été tout d’un coup nommée Procureure du
District en juillet 2010, après une campagne de presse contre celui qui était
alors le chef des procureurs de La Paz. Début 2011, le président bolivien Evo
Morales est intervenu dans le cas (ça, on l’a su seulement en 2012, après la
nouvelle détention d’Odón Mendoza).
Un juge d’instruction civil (tous les
juges d’instruction pénal s’étaient excusés) a déterminé que les auteurs du
crime seraient à la fois José Luis Flores (en se basant sur les preuves d’ADN)
et Odón Mendoza (en excluant de prendre en compte les mêmes preuves) sans
pouvoir établir un lien entre les deux. Et il a décidé également qu’Odón
Mendoza devra être détenu de nouveau, ignorant avec arrogance une sentence
constitutionnelle.
Le recours contre ces illégalités a été
présenté trois fois mais il n’a jamais été traité et, après quelques
apparitions médiatiques de la mère de la fillette Patricia et de son avocate,
Odón Mendoza a été détenu, illégalement, le 23 mars 2012 pour lui faire un
second procès malgré une sentence de la plus haute instance judiciaire de son
pays qui avait annulé sa condamnation.
Durant les deux ans que ce procès a
duré, l’avocate Paola Barriga était dans tous les médias avec chaque fois un
nouveau mensonge.
Que le poil pubien analysé par le FBI appartiendrait à Odón
Mendoza quand le rapport final, authentifié et officialisé par les autorités
compétentes tant étatsuniennes comme boliviennes, a déterminé sans l’ombre d’un
doute qu’il est de José Luis Flores.
Qu’ils manqueraient deux pages à ce même
rapport indiquant que Odón Mendoza serait l’auteur – la sentence de 2014 va
encore plus loin dans cette perfidie : la juge écrit qu’elle ne prend pas en
compte ce rapport car ils en manqueraient TROIS pages (un document de deux
pages et demi…).
Que l’on aurait trouvé du sperme d’Odón Mendoza dans la blouse
d’écolière de la fillette et, quelques mois plus tard, elle disait la même
chose sur le collant, quand en réalité le laboratoire criminel étatique IDIF,
qui a analysé la grande quantité d’évidences trouvées dans le dépôt comme
pratiquement toutes les affaires d’Odón Mendoza, a complètement exclu un
possible contact entre lui et la fillette Patricia.
Dans un tel climat, aucun juge, aucune
juge n’a eu le courage d’absoudre Mendoza – il a donc été condamné parce qu’il
a le même groupe sanguin comme la victime (comme la majorité des bolivien-nes)
et malgré le fait que le médecin-légiste qui l’a examiné au moment de sa
première arrestation n’a trouvé aucune lésion.
Il a été condamné parce qu’il
avait lavé son pantalon, dans lequel l’IDIF a seulement trouvé son ADN à lui et
celui d’un homme inconnu. Il a été condamné avec une maladie inventée par la
juge (“Balano Prepusitis”) et un germe bactérien (“staphylococcus epidermidis”
appelé à l’époque staphylococcus albus ou blanc) qui fait partie de la flore cutanée
des êtres humains – que les juges ont également.
Il a été condamné parce qu’on
ne l’aurait pas vu dans les couloirs de l’école le matin du 27 août 1999, alors
qu’il était dans une salle de classe pour remplacer une enseignante et malgré
le fait que l’autre surveillante de l’école a témoigné l’avoir vu dans la porte
de cette même salle et a affirmé que cela aurait attiré son attention puisque
ce n’était pas son lieu habituel de travail – et malgré la conclusion claire et
nette de deux médecins-légistes (confirmée par eux dans plusieurs
interrogatoires) que la fillette Patricia a été assassinée le dimanche 29 août,
probablement dans l’après-midi.
Odón Mendoza est seulement le fils
d’une veuve très pauvre qui n’a pas arrêtée de travailler pour pouvoir donner
la meilleure éducation possible à ses enfants – en cherchant un reste de
minerai dans les déchets qui s’accumulent dans l’entrée de la mine, comme
blanchisseuse ou comme couturière. Une vie de beaucoup de sacrifices mais
aussi, et surtout, beaucoup d’affection.
C’est un scandale qu’en la même Bolivie
qui se fait championne des droits humains dans les forums internationaux, on
condamne de cette manière un homme modeste – néanmoins, Odón Mendoza n’est pas
le seul. Les prisons sont pleines avec des personnes issues des milieux pauvres
qui ont été sacrifiées par une justice de classe qui continue à imposer sa loi,
en toute tranquillité et en toute impunité.
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